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Des nuits noires de monde


Le Dauphiné, janvier 2009
Midi Libre - nov 2009
PulSzmag - avril 2009

Ouest France - 29 janvier 2009

Un voyage musical : Les nuits noires de monde

"Fais moi un manteau de mots". Des mots en portugais, en italien, en anglais, en espagnol, en arabe, mais surtout en français. Des mots parlés mais surtout chantés. Des mots sur l’amour, sur les murs, sur la guerre, sur la paix, sur des poules grises, noires ou brunes… Des mots frais, des mots doux, comme "la peau noire de sa nounou".

Tel est le poétique manteau que Michèle Bernard a délicatement posé sur nos épaules, mardi soir au Quai (Angers). Elle revisite Les Nuits Noires de Monde, sa création de 1991, sur une scène presque nue, entourée d’un orgue de barbarie, d’un choeur de cinq femmes et d’un landau. Le reste est mise en scène et jeux de lumières. Ensuite, les chants polyphoniques transforment ce décor. Ils nous content leurs histoires au bout de laquelle la lune s’allume et les voix nous laissent dans ces rêveries qui embellissent la nuit.

LE DOIGT DANS L’OEIL octobre 2008 - N°24

Des nuits noires de monde

Quand on a plus ou moins bourlingué sur les chemins de la vie, on perd un peu de cette capacité d’émerveillement qui donne aux enfants l’ambition de refaire le monde à chaque nouveau matin. Heureusement, l’enfance c’est comme le noyau originel qui donne naissance au fruit, quand la chair a enrobé le noyau, celui-ci reste présent, il n’a pas été éliminé, et c’est une chance de se souvenir qu’on a toujours ce noyau en soi.

Et c’est parfois difficile de garder vivant cet esprit d’enfance sans tomber dans la décrépitude de « retomber en enfance » vers les 4 fois vingt ans.

Alors, en faisant un flash back panoramique sur les années passées, et les spectacles ayant marqué profondément par leur charge émotionnelle, par leur créativité, par leur faculté de générer du bonheur, il émerge quelques moments rares, en tout premier, « Des nuits noires de monde » créé en 1991 par Michèle Bernard, présenté en 1993 au Café de la Danse après une tournée de 2 ans. « Voyage musical pour chanteuse, chœur de femmes et petit orchestre forain » dans lequel quelques musiciens de jazz de l’ARFI donnaient un relief sonore d’une richesse et d’une subtilité inouïes. Il y avait une clarinette basse dont on retrouve les sons dans pas mal d’albums depuis. Et le formidable Patrick Mathis dont l’orgue de Barbarie voltige dans des rythmes qui sont loin de son répertoire habituel.

Ces « Nuits noires de monde » renaissent cet automne 2008, pour une nouvelle tournée au long cours, avec la chanteuse, Michèle Bernard, le chœur de femmes « Evasion » et le petit orchestre forain de Patrick Mathis et son orgue (de Barbarie).

Si vous ne devez voir qu’un spectacle dans les 3 ans qui viennent, c’est celui-là. Spectacle total, pas d’esbroufe et d’effets clinquants, mais une suite de scènes, fluides, qui vous embarquent sur plusieurs continents musicaux, dans quelques époques charnières de l’histoire contemporaine, avec le regard tendre ou acidulé d’une humaniste coloriste qui sait mettre les mots justes sur les trente six états d’âme des terriens déboussolés par les errements des peuples.

Welcome, dit mon paillasson, mais les verrous qui ferment la porte deviennent une barrière étanche aux misères endémiques qui se banalisent... et les pigeons qui se battent pour un croûton de pain, c’est un cauchemar ou une vision prophétique ? On se demande...

C’est un spectacle qui chante, qui danse, qui fait naître d’un geste, d’une note, un arc-en-ciel d’émotions, de sentiments mélangés, de réflexions intimes, qu’on a envie de partager..

La marche en avant de l’humanité a été plus souvent nomade que sédentaire, et c’est des rencontres que s’enrichissent les civilisations, les métissages qui apportent des idées neuves...

C’est un spectacle tendre lucide et généreux, le théâtre d’Ivry était archi plein, plus un bout de marche d’escalier de libre, tant le souvenir de cette création est resté vivant et fort.

On y retrouve l’essentiel du livret de départ, avec quelques réajustements pour être en phase avec 2008, si les mots « chefs d’œuvre » ont un sens, il est entièrement justifié par ces « Nuits noires de monde »

Norbert Gabriel

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