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Monique Brun et Michèle Bernard, nées sous le signe des gémeaux


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Michèle Bernard et Monique Brun à Bessines (photos Michel Hartmann)

Deux dames, pas bien grandes, qui plus est assises. L’une est actrice, un peu chanteuse. L’autre chanteuse, un peu actrice. L’une est mains nues, l’autre porte son gros accordéon. A les voir ainsi devant nous on se dit que le mariage est d’évidence, que c’est simplement surprenant que ce ne se soit pas fait plus tôt. Mais Monique Brun s’est mise à la chanson sur le tard : il a fallu la rencontre avec les quatre chantistes d’Entre deux caisses, avec qui elle fit spectacle et disque, Ariette et chahut. Puis la rencontre en différé avec Léo Ferré, dont elle tira un spectacle tant de lectures que de chansons, Léo 38. Dont l’une des spectatrices, enthousiaste, fut Michèle Bernard, tant que cette dernière invita l’autre à une carte blanche qu’on lui offrait, dont est tiré ce spectacle. Pour être complet, précisons que Monique Brun vient même d’étrenner un nouveau spectacle avec Thibaud Defever, le Presque Oui de la chanson.

Donc, Michèle Bernard et Monique Brun, à la même table, au même diner, mêmes plats partagés. La Mimi de Saint-Julien apporte ses chansons, des parfois tirées de loin, des pas chantées en scène depuis des lustres ; la Monique du bocage bourbonnais des bouts de textes grapillés qui à Norge et Supervielle, Rousselot et Dupuy-Dunier, Autin-Grenier, Rouzeau, Louise Michel et quelques autres. Le repas est bon, savoureux même. Monique Brun pique aussi dans l’assiette de Michèle Bernard, se mettant en bouche des bribes de ses chansons.

Ça se nomme Un p’tit rêve très court, le titre d’une des chansons de la Bernard, « … le désir du bonheur sur la Terre en désordre ». Le rêve court le temps de ce récital à deux. Trop court. Et essentiel. Parce que, comme le vers de L’éducation sentimentale, on a envie de tout grignoter, paroles et partitions des chansons c’est sûr, mais aussi toute cette littérature qu’importe Monique Brun, ces rayons de bibliothèque. Et chanter tout son saoul ces chouettes chansons que sont Maria Szusanna, Quatre-vingt beaux chevaux, Je t’aime, Nomade, Nous les baleines… Et plus encore celles un peu oubliées, délaissées : Le Bar du grand désir, La Dame pipi, Le cœur en d’ssous d’zéro. Rêve très court : les mots bavardent en abondance, chacune des deux fait son lit dans les mots de l’autre, s’y love. On saute « un pied sur l’autre / d’une idée à l’autre / du coq à l’âne / Du vague à l’âme ». « Un petit rêve très soyeux » nous instruit le dossier de presse, « bordé de coton pour aussi parler de la beauté du monde. Pour chanter et dire l’espérance dans l’errance. Pour prendre le temps de caresser le temps qui passe, les pieds bien ancrés dans le réel où s’abreuvent les mots des poètes… Pour ne pas se laisser déborder par le mal à l’âme, croquer la vie à plein dents ». On ne saurait mieux dire, mieux traduire ce qui, pour le public, dans cette salle, est de l’ordre de l’intuition, de l’émotion et, pour tout dire, de l’enchantement.

C’est limite si cette salle de Bessines n’est déjà pas trop grande, trop de monde, de succès, pour non un concert, mais comme une confidence à deux, un délicat échange, un troc de mots avec nous pour témoins qui n’en loupons aucun, gourmands que nous sommes de si belles rimes et d’une telle chaleur, d’une telle intelligence.

Michel Kemper

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